Dans une de mes vies précédentes, j'ai passé plusieurs années à faire de la recherche scientifique. Un de mes domaines favoris concernait les problèmes d'optimisation. Il s'agit pour une problématique donnée de trouver le maximum global ou le minimum global: l'optimum. Imaginez que vous êtes sur un tobbogan géant qui vous fait descendre jusqu'à la mer. Vous effectuez cette descente rapidement et parvenez d'un point très haut au point le plus bas directement. On appelle ça une méthode linéaire. Maintenant, imaginez que vous vous trouvez au milieu d'une chaîne de montagnes et vous entamez la descente. Rien ne vous assure de parvenir à cet optimum. Vous parvenez à un creux de vallée. Vous ne voyez pas la mer, vous êtes entourés de monts et vous pensez que ça y est, vous êtes arrivés, vous ne pouvez descendre plus bas. Pour solutionner ces configurations spatiales non linéaires que l'on retrouve dans des domaines très variés (mathématiques, médecine, physique), des méthodes un peu plus efficaces ont été développées afin de parvenir à sortir de la vallée. On les appelle méthodes non-linéaires. Elles permettent de trouver des solutions quasi-optimales (un creux de vallée, un peu plus profond que les précédents), mais jamais optimales (la mer: altitude zéro). Beaucoup de ces méthodes sont basées sur des techniques heuristiques souvent empruntées à partir de l'observation du fonctionnement d'autres organisations. On peut citer par exemple les algorithmes génétiques issus de la théorie darwinienne qui permettent de sortir du piège d'un optimum local pour aller explorer d'autres solutions un peu plus optimales. On peut aussi citer l'algorithme des fourmis inspiré de l'observation de l'intelligence incroyable chez les fourmis dans leur recherche de nourriture. Non seulement elles y parviennent rapidement, mais si vous les regardez de plus près, vous remarquerez qu'elles grimpent monts et vallées et arrivent toujours à s'aligner autour du chemin le plus court. Je reviendrai sur ces algorithmes une autre fois. Mais en réalité, toutes ces considérations scientifiques m'interrogent aujourd'hui sur une question plus large et qui nous concerne directement: Le monde ne serait-il pas coincé dans un optimum local, dans un creux de vallée? Toutes ces tentatives d'améliorations sociétales ne sont-elles pas vaines à partir du moment où la méthode pour y parvenir n'est pas appropriée? Est ce qu'il ne serait pas temps de mettre de côté cette pensée linéaire désuette et inefficace et penser l'humanité autrement? Commencer par exemple à envisager plus en profondeur d'autres modèles. S'inspirer davantage des mondes complexes des fourmis, des abeilles ou des termites. Ne faudrait-il pas encourager davantage de créations, scientifiques comme artistiques, pour de plus grandes mutations et un espoir de meilleures vallées? Le changement peut être radical avec de nouveaux paysages... Vous allez penser que c'est utopique? Peut-être. Mais notre pensée n'est-elle pas elle même coincée dans un optimum local, une vallée locale? Hier n'est pas aujourd'hui. Demain sera différent ... L'humanité n'a pas cessé de changer. A nous de l'accompagner vers une belle mutation, vers une meilleure vallée ...

aie aie! quel sujet? kalimero pense et sa pensée pense entre Différence et Répétition. je ne veux pas dire que tu penses scientifiquement même s'il est cité au début que tu as fait de la recherche scientifique, tu es entrain de philosopher. De quelle humanité parles-tu? La mutation peut-elle être qualifiée de belle? je reviendrais ce soir à tête reposée pour te lire.
Rédigé par : kalimate | 04 mai 2009 à 14:39
C'est bien là la question. Sommes nous aveuglés par les montagnes avoisinantes. Ne penses pas juste à aujourd'hui, au connu et aux differentes limitations. Penses à autre chose que l'on ne connait pas encore. Oui c'est possible. On ne connait jamais le resultat des mutations, mais on peut y semer les bonnes graines et esperer de meilleurs formes,plus d'humanité...j'attend de te lire une fois la tete reposée
Rédigé par : kalimero | 05 mai 2009 à 00:31
les sciences ne sont pas éternelles, leurs actions montent et redescendent dans la bourse de l'Histoire.
la théologie, autrefois science souveraine et aujourd'hui discours exigu. la fragilité des science humaines vient peut-être du fait qu'elles sont des sciences de l'improvisation.
la méthode à mon avis qui puisse servir cette "belle" mutation serait la communication, le dialogue social, la langue et le discours... l'univers auquel tu aspires est forcément utopique ou tu serais certainement sysiphe et son caillou amont et aval, le même travail se répétant...
Rédigé par : kalimate | 05 mai 2009 à 01:48
Je pense qu'il ne faut pas considérer les choses sous un angle de référence, mais chercher un angle nouveau pour permettre à cette mutation d'avoir lieu. Lorsqu'il y a quelques siecles, un savant fou s'était aventuré à déclarer que la terre était ronde, ou quand il n'y a pas si longtemps l'homme a réalisé un de ses plus anciens et utopistes rêve de marcher sur la lune, rien de tout cela ne serait arrivé sans la capacité d'une poignée d'hommes à sortir d'une pensée linéaire et à changer peut être radicalement de méthode de penser...
Rédigé par : Flower Power | 06 mai 2009 à 11:43
@kalimate: Ce que tu préconises est certainement une méthode, mais pas la méthode. Je ne crois pas en l'utopie ou encore je crois que rien n'est utopie. Oui sysiphe etait condamné à redecendre. mais imagines libre en train d'explorer d'autres vallées. Peut être qu'on le sera un jour ...il faut d'abord commencer par croire aux possibilités
@Flower Power: Ta tête commence à être non linéaire, c'est un bon début :-)
Rédigé par : kalimero | 08 mai 2009 à 03:00
Il faut aussi savoir oser des solutions que personne n'a imaginé avant.
Tout le problème réside dans le fait qu'on veut à tout prix nous faire descendre des montagnes pour rejoindre des vallées alors qu'il suffirait de les survoler : Quelques plumes, un peu de cire et hop ...
Rédigé par : Dr No | 08 mai 2009 à 16:33
@Dr No: Bienvenue Dr Yes. Je partage ton idée qu'il faut oser explorer d'autres solutions sans peur. Les possibilités sont illimitées. Peut être qu'on aura des plumes un jour mais en attendant faut aussi essayer de sortir de la même vallée. Il n'y a pas de garantie de meilleure vallée, peut être Yes, peut être No, mais sans cette exploration, il n' y a pas de vie docteur ...
Rédigé par : kalimero | 08 mai 2009 à 16:54
Je suis d'acoord. L'obstacle primordial réside dans la peur de l'inconnu, alors on continue à experimenter encore et encore les mêmes méthodes. C'est oublier que sans quelques aventuriers téméraires (dont certains ont d'ailleurs laissé des plumes), on en serait encore aujourd'hui à penser que nous sommes le centre de l'univers et que les planetes nous font allégeance...
Rédigé par : Flower Power | 08 mai 2009 à 17:13
alors là chapeau! je n'ai jamais pensé à l'optimisation sous cet angle là... peut être aussi parce que je suis encore en plein dedans et que je passe encore mes journées à chercher des optima, à des fonctions dont je ne maitrise pas la forme, que j'espère globaux et uniques à chaque fois!!
alors ma question c'est il y a-il une vie après l'optimisation?? en quoi on peut se convertir facilement après les algorithmes de Gauss-Newton et de Min-Max??
Rédigé par : raja | 11 mai 2009 à 21:53
Bienvenue Raja à cette discussion et merci pour ton com. Je dirai que la vie est une eternelle optimisation quoique je n'aime pas trop le terme. Chaque instant peut etre une source de developpement. Seulement, il faut eviter de s'acharner dans la meme vallée et en explorer d'autres. Gauss-Newton n'est pas approprié dans ce contexte. Je t'invite à explorer de nouvelles voies, de nouveaux algorithmes, surtout quand tu dis que tu ne connais pas la forme. Le monde est tout sauf linéaire ...
Rédigé par : kalimero | 11 mai 2009 à 22:42