Elle… Lol… être de papier, elle vole, flotte vers un destin dont elle n’est même pas le maître. Elle est l’enjeu de ses pulsions obsessionnelles. Ses pas résonnants incertains la guident vers une destination où le rêve devient réalité. Ravie ou rêvée? N’est-elle pas l’enjeu de ses rêves? Rêve d’un amour passionnel qui n’a même pas commencé et qui l’entraîne vers la dérision et le non-sens.
Elle se dirige vers le rêve fantasmagorique, vers un monde illusoire ou le clivage de soi lui permet de continuer de vivre pour et à travers son rêve, son amour à jamais perdu, retrouvé le moment d’un songe, le moment de sa promenade. Elle se sent lourde, comme une pierre- stone- elle se traîne, avance, continue sa marche douloureuse. Que veut-elle vivre à travers cette expérience de dédoublement de soi? Triompher de ses désirs ou se réaliser à travers l’autre - jouer à trois - dans un monde où le jeu domine, où tout est possible, où Lui - le narrateur - devient son amant et son double.
L’histoire de Lol est racontée par l’homme qui l’aime et qui est le dernier amant de son amie. Nous sommes en présence d’un narrateur qui se fait conteur non de ce qui s’est passé réellement mais de ce qu’il a vécu, c'est-à-dire d’une histoire qu’il ignore et qu’il découvre avec nous lecteurs, observée, supputée, interprétée voire parfois même inventée.
Et bien entendu, le texte ne sépare pas un récit des banalités et étrangetés pittoresque de la vie quotidienne d’une part, et d’autre part l’épisode fantasmatique. Il n’y a qu’un seul mouvement de narration, tout le discours est habité, infiltré par le prodigue sur lequel il culmine et qu’il avait en fait agencé. Mais on remarque ceci, que la cohésion (non pas la cohérence : l’adhésion entre elles des parties) va au-delà de ce que Elle peut avoir voulu ou cherché consciemment. En foi de quoi d’ailleurs, «Freud a félicité maintes fois les poètes ou les artistes d’être, comme par divination, divins devins, les maîtres à penser des psychanalystes », Lol…
Le langage parlé se met à défaillir. Au lieu de ce moins on peut avoir du trop, un propos qu’on efface aussitôt formulé qu’on remplace par son contraire crée aussi un vide du discours:
je ne vous aime pas cependant je vous aime, vous me comprenez?
La désillusion une trahison, une mise en scène cruelle
C’est dans cette expérience qu’une ‘Aile se trouverait jeté hors, dans ce hors lieu, hors texte, cette marge fascinante.
Ce lieu nous reste toujours étrange et étranger, ainsi quand Lol se voit ravir son « o » elle est elle-même ravie, elle cesse de vivre, cesse de parler, et n’est plus parlée que par les autres, elle glisse dans cette folie douce, elle n’a littéralement plus rien à dire…se tut. M, mutisme ou mort.
Or, Elle s’immobilise sous le coup
O, omission
Le traumatisme originel l’inscrit dans une dimension apparemment moins romantique, nous passons de la forme la plus cruelle de la séparation qu’est la mort l’équivalent d’une souffrance crue, violente à celle qu’éprouve Lol et qui est beaucoup plus complexe «l’omission de toute souffrance» lors de son abandon: c’est peut-être à travers cette différence, souffrir/ne pas souffrir qui sépare la frontière ténue qui sépare la crise violente qui entame la raison du délire presque schizophrénique de lol.
Dans l’oubli, Lol ne s’est pas délivrée de sa douleur qui a duré dix ans, sur dix-sept ans …
Quand Le fantasme renaît, c’est d’une manière insistante et obsédante et les efforts pour la retenir - de toujours aller et venir d’un bout à l’autre du temps - resterons vains: Lol continuera sans cesse à mettre en scène son délire jusqu ‘à ce que peut être, on l’enferme, comme elle le redoute :
Mais si un jour je …elle cogne sur le mot qu’elle ne trouve pas.
Ceci montre que Lol est consciente de sa propre folie, mais elle n’y résiste pas. Dans sa folie seulement se trouve sa plénitude, son accomplissement. Et son délire, s’il la sépare des autres ne la fait pas souffrir, la rend même profondément heureuse, son entourage et surtout sa mère ne supporte pas ce bonheur, et ce n’est pas seulement parce qu’il menace son Aile, mais parce qu’il est un scandaleux bonheur à proprement parler, le bonheur de l’acception de la folie.
La folie la plus attachante dans la série des «enfollées»
Lol, elle: ailes de papier, ciseau, la pierre, au jeu de la mourre tu te perds. On répond : O bouche ouverte, que veux-je faire trois bonds sur l’eau, hors- jeu de l’amour, où plongé-je?
Les deux L /ailes de Lol encadrent un O/zéro, symbole du néant et du vide,ce vide même qui est au cœur de Lol, à moins que se ne soit l’eau qui fuit et échappe à toute emprise du réel.
Il embrassa cette main, elle, avait une «o» odeur fade, de poussière et de boue…
L au centre d’une triangulation dont l’aurore et eux deux sont les termes éternels …
Le mot - absence, le mot - trou creusé en son centre d’un trou, de ce trou où tous les autres mots auraient été enterrés.
Jusqu’au moment où l’événement n’a pas eu lieu, le présent se dit au futur. C’est ce futur antérieur, le temps de l’Inconscient. Il n’existe pas de temps spécifique de l’inconscient, mais celui-ci produit génériquement des décalages, et parmi les règles de concordance des temps, celui du futur antérieur.
Dans le «ravissement», pour la première fois, cette équation étrangement inquiétante: Folie = bonheur, parait claire .l. Elle-même qui parle de son bonheur. Et la folie, peu à peu se passe ici comme désirable par celle qui la vit.
Mais qu’est ce donc que cette vacuité?
«Cherche le chemin pour se perdre», et le trouve: absence à soi-même qui peut se manifester par l’oubli, qui supprime toute souffrance, ou par l’insensibilité qui en préserve. L’état final, celui qui peut porter le nom de folie, se présente comme un état refuge, un havre de tranquillité où s’effacent l’ennui et l’angoisse.
Il n’y a pas à dénouer un mystère qu’on atteindrait après une progression initiatique. Rien n’est à franchir: écrire est transgression pure. Vibrations spasmodiques.
Partir du sens plein, en être submergé et arriver jusqu’au non-sens.
Les vibrations qui se dégagent du texte jouissent minutieusement leur transparence désintègrent la souffrance. L’écriture semble s’éblouir elle-même. Tout s’efface par l’intensité et le rayonnement des mots qui expriment l’inaccessible où étincelle le «dieu du désir», où tout chemine vers le vide et le non-sens.
Lol= sourire dans le langage net, vous l’avez deviné je suppose… clin d’œil.

C'est excellent...
Rédigé par : Tarik Filali | 24 mai 2009 à 01:04
Beaucoup de thématiques dans ce texte. LOL
Rédigé par : Kamal Brahim | 24 mai 2009 à 01:05
Kalimate, mais d'où tirez vous autant d'inspiration!
Rédigé par : Jacques Bertrand | 24 mai 2009 à 01:09
@ Doudou: je ne saurais te remercier pour ta générosité.
@ Tarik: c'est flatteur pour une enseignante de lui attribuer l'excellence... d'habitude c'est mon rôle. lol.
@Kamal:Oui, je présume... c'est un délire.
sourire.
@Jacques: avec toute modestie de la littérature. J'aime lire.
merci.
Rédigé par : kalimate | 24 mai 2009 à 02:24
moi je suis déjà convertie à ta prose comme tu le sais kalimate... j'aime ta façon de poser les mots à bientôt
Rédigé par : immuable | 24 mai 2009 à 21:42
Mais non mais non, le texte est vraiment excellent. Toi tu es enseignante et moi consultant.. dans notre jargon ont dit même "Brilliant"
Rédigé par : Tarik Filali | 24 mai 2009 à 22:59
j'aime bien le mix qui est fait entre LOL (mot tout à fait contemporain) et les anciens (Freud)...mixer le passé, le présent et le futur quel talent...
c'est aussi une jolie manière de parler d'amour... je m'y retrouve beaucoup, même plus que je ne le pense moi-même..
Rédigé par : Frederic | 24 mai 2009 à 23:02
L'expérience Dakchi, m'offre un lectorat "men dakchi'! Sérieusement, je suis ravie de vous avoir plu.
@Tarik , brillante men nourek ya sidi.
@ Immuable, bienvenue dans la chapelle des mots.
@Frederic,quel beau témoignage! vous flattez mon orgueil.
@Doudou, je m'excuse de te déranger alors que tu es ailleurs, Le bonsoir à la ville des Lumières! bisous.
Rédigé par : kalimate | 24 mai 2009 à 23:57
Pardon pardon, je parlais de BRILLIANT en anglais... oui je sais que tu es brillante Kalimate et même... bon je m'arrête la car je suis en train de rougir seul devant mon PC portable du bureau
Rédigé par : Tarik Filali | 25 mai 2009 à 00:05
@Kalimate: Je n'y manquerais pas et merci encore pour ta participation à Dakchi...
sais-tu où est passé Kalimero, je m'inquiète un peu de ne pas le voir réagir à ton texte.
Rédigé par : Doudou | 25 mai 2009 à 00:29
j'espère qu'il n'était pas voir Settati hier!
non , qu'est ce que je raconte?
c'est un oiseau nocturne, il viendra tôt ou tard , comme le vent de la nuit, chargé d'histoires bien douces...
Rédigé par : kalimate | 25 mai 2009 à 00:41
Tarik, brilliant ou brillant its the same i think, éclatant, lumineux.
sinon explique moi ce que c'est, mon anglais est très ancien, il a somnolé longtemps par la non pratique.
Rédigé par : kalimate | 25 mai 2009 à 00:46
oui mais brillant en anglais ne contient pas de E au féminin... LOL
and yes it is the same and you are billiant
Rédigé par : Tarik Filali | 25 mai 2009 à 01:49
Kalimate, je viens de te rencontrer mais je ne veux plus te lacher, je m'en vais de ce pas chez toi... j'espère y rencontrer des gens et boire un petit thé
Rédigé par : Marouane | 25 mai 2009 à 01:59
Tarik, yes you are right, im blya surtout. lol
Merouane, merhba bik il y aura siniya,lberrad, athay ou dwasou... merhba ou alf merhba.
Rédigé par : kalimate | 25 mai 2009 à 02:40
@kalimate: Merci d'avoir accepte l'invitation et de monter sur bateau Dakchi. Je me suis un peu absenté et fort heureusement, tu étais là pour soutenir mes trois rameuses. Puis kali ou kali, n'est ce pas la même chose? Elles etaient sympa les filles?
Rédigé par : kalimero | 26 mai 2009 à 11:13
Un bon accueil et un agréable lectorat, merci kaliméro, c'est un plaisir de retrouver notre poussin "savant".
Rédigé par : kalimate | 26 mai 2009 à 22:40